4 jours à Split : la Dalmatie dans toute sa splendeur
4 jours à Split : la Dalmatie dans toute sa splendeur
Split ne ressemble à rien d’autre. Pas à une ville musée figée dans son histoire, pas à une station balnéaire sans âme — quelque chose entre les deux, et bien plus que ça. La deuxième ville de Croatie vit à l’intérieur d’un palais romain vieux de 1 700 ans, dans lequel des milliers de personnes habitent, travaillent, mangent et sortent le soir. On a eu quatre jours pour en faire le tour. C’était juste suffisant pour comprendre qu’on aurait voulu en avoir davantage.

Jour 1 — Le bord de mer, les artisans et la vieille ville
On arrive en début d’après-midi, on pose les bagages, et on résiste à l’envie de foncer directement vers le palais. La première chose à faire à Split, c’est de sentir la ville avant de la visiter.
Direction le bord de mer et la Riva la promenade emblématique qui longe la façade sud du palais de Dioclétien. Des palmiers, des terrasses au soleil, une vue directe sur l’Adriatique et les ferries qui vont et viennent vers les îles. Les habitants de Split appellent leurs rendez-vous du matin autour d’un café le « špica » une tradition chère à la ville. On adopte le rituel immédiatement.
Le long de la Riva et dans les sous-sols du palais, des stands d’artisans proposent bijoux en pierre locale, huiles essentielles, céramiques et lavande dalmate. C’est l’un des rares marchés artisanaux où on a envie de s’arrêter vraiment pas pour acheter par obligation, mais parce que les objets en valent la peine.

En fin d’après-midi, on s’enfonce dans la vieille ville. Les ruelles du palais sont étroites, pavées de pierres blanches venues de l’île de Brac — les mêmes carrières qui ont fourni la pierre du Parlement hongrois à Budapest et du Parlement autrichien à Vienne. On se perd un peu, on tombe sur une petite place animée, on entend de la musique quelque part. C’est exactement ce qu’on cherchait.
Pour le dîner, on reste dans la vieille ville. Les adresses sont nombreuses, souvent cachées au fond de ruelles ou sous des voûtes en pierre — cherchez celles où les locaux s’installent, pas celles dont les serveurs interpellent les touristes depuis le seuil.
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Jour 2 — Le Parc national de Krka, puis Šibenik
On quitte Split de bonne heure. La journée est chargée — mais dans le bon sens du terme.
Le Parc national de Krka est à une heure de route. On prend le bateau depuis Skradin pour remonter la rivière jusqu’aux cascades de Skradinski Buk : 17 paliers successifs, de l’eau turquoise, des passerelles en bois et des moulins à eau restaurés. La boucle autour des cascades prend environ 1h30 à un rythme tranquille. C’est spectaculaire et moins fréquenté que Plitvice, ce qui rend l’expérience encore plus agréable. Attention : la baignade dans le parc est interdite depuis 2021.

En milieu d’après-midi, on fait un détour par Šibenik une ville souvent négligée au profit de Split et Dubrovnik, et pourtant remarquable. Sa cathédrale Saint-Jacques, entièrement construite en pierres de taille sans mortier ni armature de bois, est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les ruelles qui montent vers la forteresse de Saint-Michel offrent une vue saisissante sur la baie. Une heure et demie suffit pour en saisir l’essentiel — mais on aurait volontiers prolongé.
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Jour 3 — L’île de Brac et Supetar
Split est une base idéale pour rayonner vers les îles. Ce matin-là, on prend le ferry de 11h pour Supetar, sur l’île de Brac. La traversée dure 50 minutes et coûte 6,50 euros — l’un des meilleurs rapports qualité-plaisir du voyage.
Supetar est le port principal de Brac : petit, calme, parfaitement à l’échelle humaine. On commence par la Promenade du Port, qui longe le front de mer avec ses bateaux de pêche et ses terrasses ombragées. Juste derrière, l’Église de l’Annonciation mérite un coup d’œil pour son clocher et son architecture sobre caractéristique de la Dalmatie.

Un peu en dehors du centre, le Mausolée Petrinović est une curiosité architecturale inattendue — un monument funéraire du début du XXe siècle, d’inspiration symboliste, qui surplombe la mer depuis un promontoire rocheux. L’endroit est étrangement beau et presque toujours désert.
L’après-midi, direction la Baie de Banj, la plage principale de Supetar. Une demi-journée sur l’île suffit pour en profiter si vous avez plus de temps, un bus vers Bol et la célèbre plage de Zlatni Rat vaut vraiment le détour. Le retour se fait en ferry via Jadrolinija.
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Jour 4 — Le Palais de Dioclétien et les derniers stands
On garde le meilleur pour la fin. Ou plutôt : on garde le plus grand pour la fin.
Le Palais de Dioclétien occupe près de la moitié de la superficie de la vieille ville de Split. Construit entre 295 et 305 après Jésus-Christ comme résidence de retraite de l’empereur romain Dioclétien, ce complexe de 40 000 m² est aujourd’hui inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et toujours habité. Environ 3 000 personnes vivent, travaillent et tiennent boutique à l’intérieur de ses murs. C’est probablement unique au monde.
L’entrée dans le palais est gratuite c’est la ville elle-même. On entre par l’une des quatre portes monumentales (la Porte d’Or au nord, la Porte d’Argent à l’est, la Porte de Fer à l’ouest, la Porte de Bronze au sud). Chacune a son caractère. On recommande de commencer par la Porte d’Or, la plus imposante, et de traverser le palais jusqu’au Péristyle — la place centrale, entourée de colonnes de granit, où l’empereur apparaissait devant ses sujets. Aujourd’hui, on y boit un café au soleil.

À l’intérieur, certains sites sont payants : les caves du palais, la Cathédrale Saint-Domnius (l’ancien mausolée de Dioclétien, devenu l’une des plus vieilles cathédrales catholiques en activité au monde), et le clocher dont on peut monter au sommet pour une vue imprenable sur les toits de la vieille ville. Notre avis honnête : les panneaux explicatifs dans les sites payants sont assez limités. Pour vraiment comprendre ce qu’on voit, une visite guidée vaut l’investissement — ou quelques recherches préalables.
En fin de matinée, on repasse une dernière fois devant les stands d’artisans. On flâne dans les ruelles qu’on n’avait pas encore empruntées. Et si le temps le permet, les villages voisins Trogir en tête, à seulement 30 minutes en bus méritent une demi-journée supplémentaire. Sa vieille ville médiévale sur l’eau, elle aussi classée UNESCO, est l’une des plus belles de la côte dalmate.
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Infos pratiques
Split est accessible depuis Zagreb en voiture (environ 4h30), en bus ou en avion. La vieille ville se visite entièrement à pied. Pour les îles, les ferries Jadrolinija partent directement du port central, à deux pas de la Riva. En été, réservez vos billets à l’avance les liaisons vers les îles populaires affichent souvent complet.
Comptez entre 50 et 80 euros par jour pour un séjour confortable incluant hébergement en guesthouse, repas locaux et entrées aux sites payants. Split n’est pas donnée en haute saison, mais elle reste plus abordable que Dubrovnik.
Split ne cherche pas à impressionner. Elle existe, vivante et contradictoire, entre ses pierres romaines et ses nuits animées, entre ses touristes et ses habitants qui font leur marché le matin dans le palais. On repart avec l’impression d’avoir effleuré quelque chose de rare une ville qui n’a pas encore tout à fait décidé si elle appartenait à l’histoire ou au présent. La réponse, c’est les deux à la fois.


